On nous prend pour des pigeons

Fin de l’argent liquide : vers un contrôle total des citoyens ?

Cela fait déjà longtemps que bon nombre d’états comme la Suisse, les Pays-Bas, la France ou encore les USA parlent de supprimer totalement l’argent liquide. Aujourd’hui, cela semble plus que jamais à l’ordre du jour. Une disparition des pièces et billets des plus préoccupantes puisqu’elle conduirait indubitablement à un contrôle total des paiements de chaque citoyen.

Une taxe sur les dépôts en espèces

Payer en espèces un achat est un geste de moins en moins fréquent, tout ayant été mis en œuvre depuis plusieurs décennies pour apporter une image désuète voire ringarde à un tel acte, au profit du chèque puis de la carte nettement plus moderne.

Bien évidemment, le paiement par carte bancaire, qui plus est sans contact, offre un confort et une rapidité d’utilisation à la caisse qu’apprécie bien des particuliers et des grandes surfaces. Mais en réalité, ce sont surtout les banques qui ont beaucoup à y gagner, probablement plusieurs millions d’euros chaque année.

Ainsi, le 16 août dernier, les particuliers ayant un compte à la banque allemande Raiffeisenbank Gmund am Tegernsee ont appris que désormais, il leur serait facturé ce que l’on nomme un taux d’intérêt négatif de 0,4% pour chaque dépôt en espèces.
Une manière de taxer l’argent liquide qui, certes ne concerne pour le moment que les détenteurs d’un compte dépassant les 100 000 euros. Jusqu’au jour où ce plafond sera abaissé à 10 000 € puis 1000 €. Bref, on voit bien où veut en venir cet établissement qui est loin d’être une exception sur le Vieux Continent.

Ainsi, le fait de déposer de l’argent liquide à sa banque est déjà taxé en Suisse depuis peu et le sera au Luxembourg d’ici à deux mois. Avec l’Allemagne qui commence à emboîter le pas à cette tendance, il n’est pas exclu que d’autres pays européens favorables à la disparition des espèces en profitent pour saisir la balle au bond. Et parmi ces pays, la France.

Ainsi, en janvier 2016, lors du Forum économique mondial de Davos, Michel Sapin, ministre français de l’économie, avait affirmé que la Banque centrale européenne pourrait insuffler de l’inflation grâce aux taux négatifs. Comprenez par là, une taxe sur les dépôts en espèces.
Une position tout à fait en accord avec celle de Christine Lagarde qui, rappelons-le, n’est autre que la directrice du Fonds monétaire international (FMI).

Sera-t-il bientôt impossible de régler ses achats en espèces ?

Sera-t-il bientôt impossible de régler ses achats en espèces ?

Quels sont les dangers de la disparition du cash ?

Pour le moment, les banquiers français n’ont pas encore osé taxer les dépôts des particuliers, même si certains d’entre eux le font déjà pour les entreprises. En revanche, ils jouent la carte des frais de tenue de compte qui s’alourdissent un peu plus tous les ans, au point que, dixit Panorabanques, 82,6% des clients particuliers en ont payé début 2016 contre 56,6% à la même période en 2015.

Clairement, les banques françaises aimeraient franchir le pas, mais n’osent pas, tout du moins pour le moment. Le risque pour elles est une levée de boucliers de nos concitoyens encore attachés aux pièces et billets, même s’ils les utilisent moins.

Mais sous la pression des politiques, les choses pourraient changer rapidement. La raison qui serait probablement invoquée ? Un meilleur contrôle des échanges d’argent liquide qui échappe à l’administration fiscale, du dealer de drogue au vendeur d’armes en passant par le travail non déclaré ou la grand-mère qui donne un petit billet à ses petits-enfants pour leurs étrennes. Bref, la possibilité pour la France de contrôler totalement le flux des paiements et d’avoir un droit de regard sur chaque citoyen.

Quant aux banques, elles pourraient gagner des millions supplémentaires, par exemple, en supprimant tous les distributeurs de billet, en évitant leur entretien, en faisant disparaître bon nombre de guichets et en n’imprimant plus de monnaie.

Le client serait ainsi définitivement piégé dans un système totalement contrôlé et n’aurait d’autres moyens de paiement que ceux proposés à leurs conditions par les différents établissements bancaires. Bref, un futur monopole bien juteux.

Et cerise sur le gâteau, en cas de faillite de sa banque, les déposants seraient alors solidaires de la dette et une partie de l’argent sur leurs comptes pourraient être ponctionnés pour la remettre à flot.

Bref, si ce n’est pour aujourd’hui, la taxation de l’argent liquide puis sa disparition, c’est pour très bientôt. Il est toutefois possible de s’y opposer en signant la pétition adressée à Manuel Valls, Premier ministre.

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